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jueves, 21 de enero de 2010

“Depuis 3 jours, je bois du jus que je rationne”


“Depuis 3 jours, je bois du jus que je rationne”

Huit jours après le séisme qui a durement frappé Haïti, la population peine à trouver de quoi assurer le quotidien. Tout manque, depuis la nourriture à l’eau potable en passant par l’essence. Les principales routes d’approvisionnement sont saturées et le pays vit une véritable fièvre inflationniste alors même que nombre d’habitants ont perdu leurs économies dans les ruines de leurs maisons.
“L’eau est si introuvable que depuis trois jours je bois du jus que je rationne”, explique Frantz Large, médecin à Port-au-Prince, qui a répondu à notre appel à témoignages . “Ce matin, il y avait une soi-disant distribution d’eau dans notre quartier (rue Rivière), mais les gens du camion exigeaient d’être payés”, ajoute-t-il. Les vendeurs ambulants d’eau et de sodas ont augmenté leurs prix de plus de 100 % par rapport à l’avant-séisme. La bouteille de 25 centilitres d’eau potable qui coûtait une gourde (la monnaie nationale haïtienne, soit 2 centimes d’euros) en vaut désormais trois. Même chose pour les sodas : de 10 gourdes, leur prix est passé à 20. Dans le bidonville de Cité Soleil, à Port-au-Prince, les habitants ont dû détruire des canalisations d’eau pour pouvoir s’approvisionner.
“On s’approvisionne au marche noir”
La situation est similaire concernant l’essence, dont la principale voie d’arrivée était le port de la capitale haïtienne. Inutilisable depuis le tremblement de terre, il devrait rouvrir au trafic commercial vendredi 22 janvier. Le général américain Mike Dana, chargé de l’aspect logistique de la mission humanitaire, a annoncé que du carburant pourrait arriver à Port-au-Prince ce week-end. Pour le moment, c’est encore le règne des spéculateurs. “J’avais plusieurs bidons d’essence chez moi, avant le séisme, explique ainsi Ludovic, vendeur de rue à Port-au-Prince. Maintenant je la revends petit à petit à 400 gourdes (environ 7 euros, le double du prix normal) les quatre litres. Et pas question de négocier.”
Certaines denrées alimentaires continuent à parvenir en petite quantité à la capitale haïtienne. Choux-fleurs, patates douces et cannes à sucre arrivent des collines environnantes et sont vendues dans les rues. Mais “les banques n’ont toujours pas ouvert leurs portes”, nous écrit Jérôme Dominique depuis Port-au-Prince “et on prévoit que les salariés ne pourront pas être payés”. Peu de gens peuvent s’offrir ces aliments, surtout à ces prix là. “On s’approvisionne au marché Salomon, au marche noir”, explique Frantz Large.
Depuis Thomassin, un quartier de Pétionville, un peu moins touché que Port-au-Prince par le séisme, Francis Hilaire, expert comptable, nous indique qu’il parvient encore à s’approvisionner “en riz et pois auprès des marchandes ambulantes de [son] quartier”. “Le supermarché du coin fonctionne deux ou trois heures par jour”, précise-t-il. Mais là aussi, les prix ont aussi augmenté et si l’on veut éviter d’attendre des heures, il faut en passer par le marché noir.



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